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Amsterdam Vrije Universiteit (Université Libre) 4-8 juillet 2007

THÈMES  anglais

1.  Le cas néerlandais comme un exemple de tendances opérant au niveau mondial  

Président de l’atelier ‘le cas hollandais’: Anton van Harskamp (Université Libre d’Amsterdam, Institut Blaise Pascal)  

2. Tolérance et vulnérabilité considérées quant à leur fonction dans des systèmes  complexes

Nombre d’individus et même des communeautés entières ressentent, dans notre ère postmoderne ou ultramonderne où il s’agit d’ídentités floues, de principes plus ou moins vagues, de marchés instables et de frontières en voie de disparation, un sentiment de précarité et de vulnérabilité. Celles-ci s’expriment parfois par des réactions défensives qui puissent mettre une coexistence paisible en danger. Dans plusieurs terrains de recherche on a élaboré des modèles des conditions sous lesquelles des systèmes gardent leur identité pendant une confrontation avec des changements et des menaces venant de l’intérieur ou de l’extérieur.

La discrimination entre le soi et le non-soi

Les organismes, étudiés par les biologistes, possèdent plusieurs stratégies avec lesqelles ils sont à même de se défendre des influences  qui mettent en danger leur survie comme système. Ils peuvent exécuter des actions défensives afin de combattre ou d’expulser les agents hostiles ou ils trouvent moyen d‘incorporer ceux-ci au sein du dynamisme interne afin de développer soit une tolérance soit une immunité.          

Les immunologues ont étudié le problème qui consiste dans l’auto-définition ou ce qu’íls appellent ‘la discrimination entre le soi et le non-soi’. Les métaphores utilisées par les biologistes peuvent  contenir des suggestions positives ou au contraire se trouver trompeuses. Est-il possible de garder son identité sans une discrimination, sans une érection de murs protecteurs ou des frontières gardées par la police? Comment maintenir une défintion de soi si la tolérance de la diversité forme une partie de l’auto-défense?

Traumatismes

Dans les thérapies des traumatismes on trouve une opposition similaire entre une exclusion défensive et une incorporation immunisante. Dans un premier stade la personne traumatisée défend sa conscience contre les souvenirs troublants. Si le traumatisme est grave, le traumatisme apparaîtra tôt ou tard quand la personne n’est pas sur ses gardes ou dans les rêves. La thérapie des traumatismes comprend souvent des interventions qui sont appliquées pourque les souvenirs rentrent dans la conscience afin que le malade puisse les traiter comme faisant partie de son expérience. La thérapie psychanalytique appliquée pour une diversité de troubles psychiques, offre une route comparable afin que le malade guérisse et retrouve une unité intérieure.  

Un ordre social vulnérable

Gregory Bateson a développé dans le domaine de l’anthropologie un modèle où une escalation d’ínteractions en principe destructive entre deux personnes est contrôlée par des interactions où les mêmes personnes sont complémentaires l’une de l’ autre. La reproduction d’un ordre social fondamentalement vulnérable dépend d’un équilibre de forces délicat. La distinction faite par Bateson laisse entrevoir l’opposition entre l’antagonisme mimétique et la différence sur le plan culturel. La théorie des catastrophes a développé des méthodes plus sophistiquées dans l’élaboration de niveaux de tolérance tels qu’íls fonctionnent dans des systèmes de types differents.

Président de cet atelier: Hans Weigand ( Université de Tilburg, Faculty of Economics and Business Administration)

Discussion: texte en anglais

3. Vulnérabilité et tolérance dans les traditions théologiques

Ceux qui souhaitent contribuer au développement de ce thème sont priés de répondre à une ou  à toutes les questions suivantes:

(a) Sacrifice, identité et le maniement de la violence

Comment est-ce que les différentes religions et conceptions de la vie sur terre, le Boeddhisme, le Judaisme, le Christianisme, l’Islam, l’humanisme, manient-elles les notions de vulnérabilité, d’immunité et de tolérance? Comment  devons-nous interpréter la violence dans l’Écriture et dans la tradition théologique où se trouvent les notions telles que le dernier jugement. la doctrine classique de la réconciliation par le sang du Christ, l’attention donnée dans l’Église Romane Catholique à l’Eucharistie comme une sorte de sacrifice tandis que la notion de l’Eucharistie présentée comme un repas est en même temps réduite et camouflée autant que possible? Comment est-ce que les Chrétiens réconcilient-ils les valeurs de la vulnérabilité et l’acceptance de la souffrance avec leur pratique dans laquelle le sermon sur la montagne ou la croix ne semblent pas jouer une part importante, tandis que la violence verbale sévit et que la violence physique est souvent tolérée? Quelle est leur vision des mouvements féministes? Qu’est-ce qui est sacré pour eux? Est-ce que les Chrétiens considèrent-ils vraiment quelque chose comme sacrée? Quelle est l’ídentité à laquelle ils aspirent: une identité forte et définie clairement ou plutôt une identité faible et vulnérable (Gianni Vattimo), une identité basée sur leur passé (souvent violent) ou basée plutôt sur une attitude d’ouverture à l’avenir? Comment les organisations religieuses peuvent-elles manier leur violence passée ou actuelle?

(b) Est-ce que la religion contribue à  la cohésion de la société?

Dans l’histoire de l’Europe occidentale la religon et les organisations religieuses (parmi lesquelles les Eglises) ont contribué beaucoup à la cohésion de la société et de l’Etat. On partait de la supposition que la religion procurait une sorte de transcendance à la société, un toit pour tous. Vu dans une perspectivre mondiale ceci est toujours le cas dans beaucoup de pays. Cependant la religion a perdu cette function dans l’Europe occidentale. La question se pose si ce phénomène doit être considéré comme un développement positif tant pour la religon que pour la société. Est-ce que la religion et les organisations religieuses peuvent-elles toujours contribuer d’une façon positive à la société et si ceci est le cas, quelle pourrait être la nature de leur contribution? Or est-que la religion devrait-elle appartenir seulement au cercle privé?

Dans les Pays-Bas la religion réentra dans le débat public parce que le recours à la violence était justifié en termes religeux. Néanmoins, dans le passé les organisations religieuses avaient la possibilité de participer au  débat public à cause de leur engagement pour la paix et de leur opposition contre le placement de missiles à longue distance dans les Pays-Bas. Est-ce que les organisations religieuses doivent soutenir à présent un mandat pour le renforcement de l’application de la loi or doivent-elles accepter une plus grande vulnérabilité ou est-ce qu’elles peuvent apporter d’autres alternatives dans le débat public?

(c) Les dilemmes inhérents au concept de la tolérance       

La tolérance est souvent considérée comme un privilège de ceux qui se trouvent dans un situation suffisamment sauve pour tolérer ce qui dévie de ce qu’ils regardent comme la norme. En pratiquant la tolérance ils renforcent souvent les frontières entre leur statut social et la situation des minorités. Ces minorités ne tolèrent pas la majorité. Est-ce qu’il faudrait demander aux minorités de s’íntégrer à la société où seulement de participer à la société? Est-ce qu’on devrait remplacer la notion de ‘tolérance’ par la notion ‘d’hospitalité’? Doit-on se montrer tolérant à l’égard des individus et des groupes qui sont intolerants? Dans la tradition des prophètes Dieu se trouve du côté des faibles qu se trouvent en bas de l’échelle sociale. Dans cet aspect le Dieu des prophètes se montre assez intolérant. Quelle est l’attitude que nous devons choisir devant ces dilemmes?

(d) Est-que toutes les vérités se valent dans la civilisation postmoderne?  

Qu’est que la vérité religieuse dans la société postmoderne?  Notre civilisation postmoderne rejette la glorification de la violence, jette un regard réprobateur sur la violence, considère les droits humains comme sacrés mais n’avance pas des arguments convaincants pour soutenir cette position. Est-ce que des vérités absolues existent (pape Bénedicte XVI) ou est-ce que la vérité est toujours relative? Est-ce que Dieu est le seul être absolu et est-ce que les vérités religeuses sont toujours relatives? Est-ce que des vérités, des convictions absolues et des principes absolus mènent- ils à la violence, au sacrifice d’êtres humains, à l’intolérance? Est-ce que ce serait un mal d’aimer Dieu, ses idéaux, la patrie, l’Église ou soi-même plus que son voisin?

Thème proposé par: Erik Borgman( Université Radboud, Nimègue, Institut Heyendaal)

Président de cet atelier: André Lascaris ( Centre dominicain des études théologiques et sociales)

Textes servant de référence à la discussion texte en anglais  

4. La vulnérabilité et le progrès dans la connaissance: l’éthique et l’épistémologie.

Quand René Girard analyse l’origine de la culture, du langage et des systèmes de signes, il considère la mimésis représentative comme le premier instrument de la faculté qui rend possible la connaissance. La pensée occidentale apprécie la définition claire d’idées concises formant les objets de ce processus permettant l’apprentissage. Cependant toute défintion est en essence sacrificielle par le fait qu’elle élimine des notions du grand courant de l’être.  

La réconciliation sacrificielle

Selon Girard elle s’effectue par un desir triangulaire qui exige constamment des réconciliations sacrificielles. Comme les victimes sacrificielles, les concepts forment des objets d’adoration. Mais le pivot des deux dépend de la ‘mauvaise foi’, un mensonge sous-jacent. Tandis que les religions s’efforcent de camoufler ce mensonge, la science cherche à formuler des définitions de plus en plus claires, basées sur ‘le tiers exclu’. Cependant les instruments utilisés dans cette recherche de la vérité, ont la tendance, malgré les différentes approches critiques qui se sont développées au cours des siècles, d’ignorer  une certaine vulnérabilité qui se trouve à la base.  

La mimésis appropriative  

La recherche d’une clarté représentative (ainsi que d’un pouvoir représentatif!) dans la pensée occidentale, obscurcit le premier aspect de la mimésis, c’est à dire de trouver moyen par quoi éliminer sa rupture avec le courant de l’être, la nostalgie esthétique ne recherchant pas tellement les distinctions mais la coincidentia oppositorum (Cusanus). Si vraiment la mimésis appropriative cherche à  annihiler une fissure primaire, il est permis qu’on se pose la question si toutes les définitions ne nient pas la douleur de la naissance et la vulnérabilité qui en découle.

Un guide menant à l’existence?

Le relativisme et le pluralisme tolérants font un effort honnête pour contrecarrer ce mensonge mais ils échouent en confirmant la rupture violente. La rejection par Girard du relativisme semble demander un autre epistème qui reconnaîtrait que cette vulnérabilité précède la mimésis primaire, en appréciant l’infini qui nous parle par le visage de l’autre (Lévinas) comme un guide qui mène à l’être. Si ceci est le cas, on doit non seulement accepter la terreur mortelle de l’ignorance mais chérir celle-ci comme une part qui se trouve à la base de notre épistémologie. Serait-il possible qu’une susceptibilité réagissant avec sensibilité sauve notre ‘connaissance’ d’une vulnérabilité qui nous rend esclaves de l’imitation et d’une tolérance rancunière de la rivalité?  

Président de l’atelier: Wiel Eggen (chapelain des étudiants Wageningen).

Textes de référnece 1 la discussion:  texte en anglais    

5. Réconciliation considérée comme la conversion de la réciprocité

Vers des relations pacifiques

La réciprocité est mimétique: chaque partenaire reflère les actions de l’autre si celles-ci blessent ou si celles-ci forment une aide. De même que l’hostilité se nourrit de la réciprocité négative, la réciprocité posistive favorise la naissance de relations pacifiques. Le défi réside dans la transformation de l’une dans l’autre. Il est difficile, quand une spirale de revanche s’est mise en marche,  de changer la direction de son fonctionnement sans qu’on deviennse soi-même vulnérable.

La résolution de conflits: surmonter les obstacles.

Une ouverture à la paix court le risque d’être soi-même considérée par l’ennemi comme un signe de faiblesse, tandis que les défenseurs de la paix courent le risque d’être accusés de trahison par ceux qui partageaient leurs vues. Comment ces obstacles peuvent-ils être surmontés? Existe-t-il des méthodes pratiques qui facilitent le changement de la réciprocité violente en réciprocité pacifique? Qu’est-ce que la théorie mimétique peut apporter en directives dans la résolution de conflits, tirées de l’anthropologie, de l’histoire, des sciences politiques, de la psychothérapie ou encore d’autres disciplines?

Président de cet atelier: Simon Simonse (Pax Christi Pays-Bas )

Textes formant la base de la discussion:  texte en anglais  

6. Les héros vulnérables dans la littérature

Georg Lukacs a défini le roman comme le genre littéraire qui met en scène un personnage principal qui est à la recherche de valeurs authentiques dans un monde où ces valeurs ne sont plus évidentes. Au cours de la quête du protagoniste se révèle peu à peu l’inauthenticité des projets différents- la poursuite de l’amour, du prestige, du pouvoir, de l’intégrité morale ou de l’authenticité personnelle- où il/elle se trouve impliquée, et laisse le lecteur à la fin confrontée à un effet de révélation – la vérité romanesque.

Le héros du roman a une relation problématique avec son environnement social et dans ce sens il est souvent vulnérable à cause de sa plus grande sensibilité morale et émotionnelle. Souvent  le héros est un personnage marginal, un étranger, il est possible qu’íl est poursuivi par les autorités (Kafka), qu’il est incapable d’utiliser la violence ou qu’il refuse d’utiliser la violence qui caractérise son environnement social ( comme certains héros chez Dostojewski). Est-que l’histoire de la littérature nous présente-t-elle une découverte progressive de la vulnérabilité du protagoniste? Est-ce que les personnages principaux des oeuvres des auteurs considérées isolément, se caractérisent-ils de plus en plus par leur vulnérabilité? Est-ce que les oeuvres littéraires – où théâtrales - peuvent-elles être comprises comme des narrations qui présentent la découverte de la conception de l’íntolérance et de l’invulnérabilité?

Nous invitons ceux qui travaillent dans le domaine littéraire d’explorer la signification profonde de cette vulnérabilité des héros des romans et du théâtre dans une perspective comparative et girardienne.  

7. Ecoles et organisations

Une description du thème de la vulnérabilité et de la tolérance dans les écoles et les organisations sera présentée prochainement.

Pour les détails vous est priés de prendre contact avec: covr2007@blaisepascal.nl ou avec Thérèse Onderdenwijngaard, André Lascaris ou Simon Simonse.

Traduction: Sonia Pos (soniapos@xs4all.nl) 0031.20.625.5358.

 

 

 
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